Excellentiwood !

24 juin 2010 Commentaires fermés ghastoy
Excellentiwood !
Titre : Meurtre dans un jardin indien
Auteur : Vikas Swarup
Éditeur : Belfond
Traduction : Roxane Azimi
Prix : 21.50 euros - 485 pages Note Critic@

Il y a déjà un an et demi. Une amie nous avait conseillés les « Fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire ». Pas un éditeur ne nous l’avait adressé. On avait adoré. Et pour la première fois dans la vie de Critic@, on avait attribué un 21/20 qui avait provoqué votre engouement. Dès le lendemain, les ventes du livre grimpaient, grimpaient sur Alapage. Je ne dis pas que nous fûmes pour quelque chose dans le succès de l’ouvrage, mais au moins nous avions eu du flair. Et nos lecteurs nous remerciaient du conseil de lecture. La suite, vous la connaissez, le film « Slumdog Millionaire » (pas de faute à Millionaire, c’est de l’anglais), les Oscars, tout ça…

En voyant tomber « Meurtre dans un jardin indien », j’ai eu une petite crainte. Un deuxième livre quand le premier a eu un tel succès, ce n’est pas évident. Loin s’en faut. Vikas Swarup avait-il résisté aux écueils ? Lui-même, dans les remerciements, le concède : « Ce livre a été difficile à écrire, pas seulement parce que c’était mon deuxième. L’ambition même du roman – raconter les histoires imbriquées de six vies différentes dans un schéma narratif serré – en faisait une entreprise hasardeuse. » Vrai qu’il n’a pas choisi la facilité avec une trame entremêlée et six héros au lieu d’un seul. Mais une fois de plus, entrant définitivement dans la cour des grands, l’auteur s’impose comme un maître du genre.

L’histoire ? Un meurtre, celui de Vicky Rai, fils de… c’est le moins que l’on puisse dire. Une pourriture que personne ne songera à regretter. Le meurtrier ? Non, dites plutôt les « potentiels » meurtriers, sont au nombre de six. Six personnes totalement différentes (un haut fonctionnaire ripou, un Américain inculte – il n’y a pas de pléonasme -, une actrice de Bollywood supra célèbre, un aborigène venu récupérer un trésor volé à son peuple, un étudiant au chômage un peu voleur sur les bords, et le père de la victime himself, Jagannath Rai, ministre de l’Intérieur) qui vont, pour des raisons bien différentes, se retrouver en possession d’une arme au moment du meurtre de Vicky, sur sa propriété où il donne une fête.

Le livre revient sur l’histoire de chacun, leur parcours et les raisons qu’ils auraient pu avoir de vouloir tuer Vicky. Avec bien entendu, les surprises finales qui tiennent le lecteur haletant jusqu’à la dernière page, c’est le cas de le dire.

Seul petit bémol justement, une fin un peu rapide et la déception de ne pas connaître la suite pour tous les protagonistes. A moins qu’il ne s’agisse juste de mon « mal » à les lâcher tellement je m’y étais attachée. J’en aurais bien pris pour cent pages de plus ! Mais hormis ce détail relevé pour jouer les enquiquineuses de service, encore un excellent, excellent livre ! Impossible de passer l’été sans le lire ! J’espère qu’un film sera encore à la clé, d’autant que les saveurs de l’Inde sont plus présentes que jamais, ses parfums, ses ambigüités aussi.

Monsieur Swarup, oubliez vos inquiétudes. Vous n’avez pas failli dans votre tâche ! Ce deuxième bouquin est excellent (tu comprends mieux mon titre maintenant ? nonobstant, je compte bien caser le mot encore une fois avant la fin de cette critique, au cas où tu serais dur de la feuille) et me voilà à déjà espérer le prochain. Parce que désormais, c’est certain, il existe un style à la fois narratif et dans l’écriture, un univers « Swarup » avec ses odeurs, ses rebondissements, ses descriptions. Vous n’êtes plus un accident génial de la littérature, mais certainement et pour longtemps le meilleur représentant littéraire de l’Inde d’aujourd’hui. Désolée, j’ai beau chercher, je ne trouve pas de meilleur compliment. Euh, sinon, je vous ai dit que ce livre était excellent ?

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A propos de l'auteur

Gracianne HASTOY Ecrivain Critique littéraire
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