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Romain Gary, vie et mort d’Emile Ajar

5 janvier 2011 8 commentaires ghastoy
Romain Gary, vie et mort d’Emile Ajar

1er décembre 1980. La haute silhouette de Romain Gary s’échappe de son appartement, 108 rue du Bac pour se diriger vers le tout proche Saint-Germain-des-Près, plus particulièrement vers la boutique « Les laines écossaises » (qui existe encore aujourd’hui).

Au sommaire de ce dossier de Critic@

 

SCOOP : au vu du succès de l’exposition Romain Gary au Musée des Lettres et Manuscrits, la date est prolongée jusqu’au 3 avril 2011.

1er décembre 1980. La haute silhouette de Romain Gary s’échappe de son appartement, 108 rue du Bac pour se diriger vers le tout proche Saint-Germain-des-Près, plus particulièrement vers la boutique « Les laines écossaises » (qui existe encore aujourd’hui). L’homme aux Deux Goncourt, défini comme le mystificateur sublime, achète un peignoir de couleur rouge sombre. Ainsi, le lendemain, lorsqu’il se donnera la mort, ce ne sera pas un choc trop étrange pour celle ou celui qui découvrira son corps, tout ce sang. Rouge sur rouge, rien ne bouge, pourrait-on ajouter avec ce mauvais esprit qui nous caractérise.

De Romain Gary, ces dernières semaines, on nous aura tout dit avec plus ou moins de talent (bravo à France2 pour l’émission Infrarouge, un vrai régal !). Nous nous sommes rués sur une liste d’ouvrages non exhaustive, manière de rendre hommage à notre façon au grand homme.

D’abord, incontournable, la biographie de Myriam Anissimov, « Romain Gary, le caméléon ». Emmanuelle Morin, ancienne journaliste chez feu Critica version quotidien en ligne, ne cessait de nous en faire les louanges. On a compris pourquoi à la lecture. Un vrai document complet, bien écrit, qui laisse approcher l’homme autant que l’auteur trouble. On se fendrait bien d’un 18/20 pour décrire l’œuvre, et pour tout savoir sur Gary en un seul bouquin, c’est le document de référence. Mais vous savez comme nous sommes chez Critica, dévoreurs de bouquins, insatiables, donc nous n’allions pas nous arrêter en si bon chemin. Nous avons donc enchaîné avec la biographie écrite par Dominique Bona qu’on adore, « Romain Gary » (plus sobre, tu meurs !). Vous trouverez ça chez Folio si vous ne souhaitez pas vous ruiner. Intéressant puisque le bouquin insiste notamment sur le diplomate qui sillonna l’Europe avant de conquérir l’Amérique (notamment en tant que Consul général de France à Los Angeles). Bouquin suivant, toujours dans les biographies, celui de Jean-Marie Catonné, intitulé « Romain Gary, de Wilno à la Rue du Bac » paru chez Actes Sud. L’auteur s’attache davantage ici à décrypter les affabulations de l’homme aux cinq identités et aux deux prix Goncourt. Ensuite, n’omettez pas, hormis les classiques « La vie devant soi » et « La promesse de l’aube » de dévorer à toute vitesse les 225 pages chez Folio de « Pseudo » (Romain Gary – Emile Ajar) et surtout, surtout les 43 pages du sublimissime « Vie et mort d’Emile Ajar » signé Romain Gary et dont nous allons vous coller un gros extrait plus bas. Côté beaux livres, craquez donc pour « Lectures de Romain Gary » publié par le Musée des Lettres et Manuscrits avec Gallimard.

Mais si vous passez par la capitale (putaingue congue !) et notamment par le fameux Musée des Lettres et Manuscrits cité à l’instant, ne manquez pas l’exposition (3 décembre 2010 au 20 février 2011) consacrée à « Romain Gary, des Racines du ciel à La vie devant soi ». Et puisque nous sommes dans notre phase « publicité gratuite et bienveillante », foncez sur la revue « Plume » (www.plume-mag.com) éditée toujours par le MLM qui propose en exclusivité l’interview du fils de Romain Gary, Diego.

Pour en revenir à l’expo à proprement parler, ce sont quelque 160 pièces uniques que vous verrez ici exposées, notamment un premier roman totalement inédit et divers manuscrits, lettres autographes, articles de presse et photographies, ou le portrait kaléidoscopique de celui qui éprouva si bien « l’effort d’être un homme ». On a aimé férocement l’écriture du grand monsieur, sa façon d’occuper la page, et les réponses au questionnaire de Proust. On a aimé les photos, celles de Jean Seberg, et de l’auteur. On a aimé le bâtiment magnifique qui abrite l’expo, le fait que le « gardien » ne soit pas sur notre dos et nous laisse même prendre des photos, le silence recueilli des visiteurs (toujours trop rares). Donc, si vous passez par Paris, nous préconisons un petit déjeuner au Café de Flore (si vous avez notre chance, vous y apercevrez Pierre Arditi – belle gueule, belle voix de velours) suivi de la visite de l’expo au MLM, quelques pas plus loin, sur le même trottoir. C’est presque de la prescription médicale, vous noterez, mais on aime bien vous chouchouter, vous savez…

« Je me suis bien amusé, au revoir et merci »

Une lettre, datée du 22 mars 1979, sobrement signée Romain Gary. Impossible d’y échapper. Petit cadeau pour démarrer 2011. Ne nous remerciez pas, ça nous fait plaisir.

« J’écris ces lignes à un moment où le monde, tel qu’il tourne en ce dernier quart de siècle, pose à un écrivain, avec de plus en plus d’évidence, une question mortelle pour toutes les formes d’expression artistique : celle de la futilité. De ce que la littérature se crut et se voulut être pendant si longtemps – une contribution à l’épanouissement de l’homme et à son progrès – il ne reste même plus l’illusion lyrique. J’ai donc pleinement conscience que ces pages paraîtront sans doute dérisoires au moment de leur publication, car, que je le veuille ou non, puisque je m’explique ici devant la postérité, je présume forcément que celle-ci accordera encore quelque importance à mes œuvres et, parmi celles-ci, aux quatre romans que j’ai écrits sous le pseudonyme d’Emile Ajar.

 

Néanmoins, je tiens à m’exprimer, ne serait-ce que par gratitude envers mes lecteurs, et aussi parce que cette aventure que j’ai vécue fut, à une exception près – celle de McPherson inventant le poète Ossian, au début du dix-neuvième siècle, cet Ossian mythique dont McPherson avait écrit lui-même l’œuvre acclamée dans toute l’Europe – fut, à ma connaissance, sans précédent par son ampleur dans l’histoire littéraire.

 

Je citerai ici, tout de suite, un épisode, pour montrer – et ce fut une des raisons de ma tentative, et aussi de sa réussite – à quel point un écrivain peut être tenu prisonnier de « la gueule qu’on lui a faite « , comme disait si bien Gombrowicz. Une « gueule » qui n’a aucun rapport ni avec son œuvre, ni avec lui-même.

 

Lorsque je travaillais au premier Ajar, Gros Câlin, je ne savais pas encore que j’allais publier ce roman sous un pseudonyme. Je ne prenais donc aucune précaution et mes manuscrits, comme d’habitude, traînaient partout. Une amie, Madame Lynda Noël, venue chez moi à Majorque, avait vu sur mon bureau le cahier noir, avec le titre clairement marqué sur la couverture. Plus tard, lorsque le nom d’Emile Ajar, ce mystérieux inconnu, prit le retentissement dont on retrouvera la mesure en consultant les journaux de l’époque, c’est en vain que Mme Noël s’en alla partout, répétant que Romain Gary était l’auteur de l’œuvre, qu’elle avait vu, de ses yeux vu. On ne voulait rien savoir : et pourtant, cette gentille dame s’était donné tant de mal pour essayer de me faire rendre mon dû ! Seulement, voilà : Romain Gary était bien incapable d’avoir écrit cela. Ce fut, mot pour mot, ce qu’un brillant essayiste de la N.R.F. déclara à Robert Gallimard. Et un autre, au même ami qui me fut cher : « Gary est un écrivain en fin de parcours. C’est impensable. » J’étais un auteur classé, catalogué, acquis, ce qui dispensait les professionnels de se pencher vraiment sur mon œuvre et de la connaître. Vous pensez bien, pour cela, il faudrait relire ! Et encore quoi ?

 

Je le savais si bien que, pendant toute la durée de l’aventure Ajar – quatre livres – je n’ai jamais redouté qu’une simple et facile analyse de textes vint me tirer de mon anonymat. Je ne me suis pas trompé : aucun des critiques n’avait reconnu ma voix dans Gros Câlin. Pas un, dans La Vie devant soi.

 

C’était, pourtant, exactement la même sensibilité que dans Education européenne, Le Grand Vestiaire, La Promesse de l’Aube, et souvent les mêmes phrases, les mêmes tournures, les mêmes humains. Il eût suffi de lire La Danse de Gengis Cohn pour identifier immédiatement l’auteur de La Vie devant soi. Les jeunes gens amis du jeune héros de L’Angoisse du roi Salomon sont tous sortis d’Adieu Gary Cooper : le personnage de Lenny dans ce dernier roman parle et pense exactement comme Jeannot dans le Roi Salomon : c’est ce qu’avait fait remarquer à mon fils Hugues Moret alors âgé de 17 ans et élève en première au lycée Victor Duruy. Tout Ajar est déjà dans Tulipe. Mais qui donc l’avait lu, parmi les « professionnels » ?

On imagine ma joie profonde. La plus douce de toute ma vie d’écrivain. J’assistais à quelque chose qui, en littérature, n’intervient en général qu’à titre posthume, lorsque, l’auteur n’étant plus là et ne gênant plus personne, on peut lui rendre son dû.

 

Ce fut seulement un an après la publication du premier Ajar, lorsque je demandai à mon petit-cousin Paul Pavlowitch d’entrer en scène que, pour traiter avec l’éditeur notre lien de parenté une fois découvert, les soupçons commencèrent à se porter sur moi. J’en disposais avec la plus grande facilité : je savais que ces messieurs-dames n’allaient pas faire leur métier et étudier les textes.

 

Mais ce fut avec la parution de Pseudo que ma témérité fut vraiment récompensée. Alors que je m’y étais fourré tel qu’on m’a inventé et que tous les critiques m’avaient donc reconnu dans le personnage de « tonton macoute », il n’est venu à l’idée d’aucun qu’au lieu de Paul Pavlowitch inventant Romain Gary, c’était Romain Gary qui inventait Paul Pavlowitch. Celui de L’Express, après avoir déclaré, fort d’une indiscrétion d’une personne pourtant tenue par le secret professionnel que, pour ses œuvres précédentes, Ajar avait eu des « collaborateurs », dont sans doute moi, ajoutait que Pseudo avait manifestement été écrit par Ajar lui-même et tout seul. Un livre « vomi » hâtivement, déclarait-il, et il expliquait que ce jeune écrivain, devenu célèbre et la tête gonflée, avait répudié ses « collaborateurs », refusé d’écouter leurs conseils, et y était allé de sa propre main, tout seul et n’importe comment. D’où, disait notre critique, l’absence de « roueries », de « métier » que l’on trouvait, d’après lui, dans les deux précédents ouvrages, et le caractère « vomi, bâclé, du livre. Bonne mère ! S’il est un livre de vieux professionnel, c’est bien Pseudo : la rouerie consistait à ne pas la laisser sentir. Car il se trouve que ce roman de l’angoisse, de la panique d’un être jeune face à la vie devant lui, je l’écrivais depuis l’âge de vingt ans, l’abandonnant et le recommençant sans cesse, traînant des pages avec moi à travers guerres, vents, marées et continents, de la toute jeunesse à l’âge mûr, tant et si bien que mes amis d’adolescence, François Bondy et René Agid, reconnurent dans Pseudo, à quarante ans de distance, deux passages que j’avais gardés de mon Vin des Morts, celui des flics-insectes froufroutant dans le bordel, et celui du Christ, de l’enfant et de l’allumette, que je leur avais lus dans ma chambre d’étudiant, rue Rollin, en 1936.

 

J’ajoute pour les amateurs de perversité que ce M. Galley, pour mieux descendre Ajar, car celui-ci avait alors priorité, rappelait que c’était moi, son tonton, qui avais écrit ce « beau livre », La Promesse de l’Aube. Ce « beau livre », il l’avait éreinté à la parution…

 

Tout, à peu de choses près, dans Pseudo, est roman. Le personnage de Paul Pavlowitch, ses névroses, psychoses, « états psychiatriques » et avatars hospitaliers, sont entièrement inventés – et sans son accord. J’écrivis le livre en quinze jours dans ma cachette genevoise et lui téléphonai.

-         J’ai inventé de toutes pièces un Paul Pavlowitch dans le roman. Un délirant. J’ai voulu exprimer l’angoisse et je t’ai chargé de cette angoisse. Je règle aussi des comptes avec moi-même – plus exactement, avec la légende qu’on m’a collée sur le dos. Je me suis inventé entièrement, moi aussi. Deux personnages de roman. Tu es d’accord ? Pas de censure ?

-         Pas de censure.

 

J’admire la force d’âme – le mot anglais « fortitude » conviendrait mieux – avec laquelle mon cousin à la mode de Bretagne accepta de passer pour « dingue ».

 

Les seuls détails vrais sont ceux que j’ai puisés dans notre ascendance commune : mon oncle maternel, notamment, le grand-père de Paul, Ilya Ossipovitch Owcynski. Cette partie du texte avait été écrite en 1959 et devait figurer dans La Promesse de l’Aube. J’en avais alors touché quelques mots à la mère de Paul, ma cousine, mais elle fut offusquée lorsque je lui avouai que je parlais de son père sur un mode humoristique. Et je reconnaissais moi-même que la publication de certains faits était impossible alors. Je mis donc ces quelques pages de côté et les incorporai dans « l’arbre généalogique » de Pseudo. Je recueillis mes renseignements de psychothérapie chimique auprès du docteur Louis Bertagna, comme je l’avais fait pour l’aphasie, dans Clair de Femme, en m’adressant au docteur Ducarne, de la Salpêtrière.

 

Ce fut seulement après avoir terminé Gros Câlin que je pris la décision de publier le livre sous un pseudonyme, à l’insu de l’éditeur. Je sentais qu’il y avait incompatibilité entre la notoriété, les poids et mesures selon lesquels on jugeait mon œuvre, « la gueule qu’on m’avait faite », et la nature même du livre.

 

J’avais déjà, pour tenter de m’évader, tâté à deux reprises du pseudonyme. Fosco Sinibaldi, pour L’homme à la colombe – cinq cents exemplaires vendus – et Shatan Bogat, pout Les têtes de Stéphanie, qui ne démarra que lorsque je me laissai identifier comme auteur.

Je savais donc que Gros Câlin, premier livre d’un inconnu, allait se vendre mal, mais je tenais à l’anonymat par-dessus tout. L’éditeur ne pouvait donc pas être mis au courant. Le manuscrit arrivait du Brésil, par les soins de mon ami Pierre Michaut. L’auteur était un jeune errant qu’il avait rencontré à Rio ; ayant eu maille à partir avec la justice, il ne pouvait remettre les pieds en France.

 

Le rapport du comité de lecture chez Gallimard fut médiocre. Ce fut l’insistance passionnée d’une première lectrice – avant le passage du manuscrit devant l’auguste comité – qui décida finalement l’éditeur à le recommander au Mercure de France. L’enthousiasme de Michel Cournot fit le reste.

 

Pierre Michaut, ne pouvant invoquer aucune « autorité » valable, dut cependant accepter des coupures. Un chapitre au milieu, quelques phrases ici et là, et le dernier chapitre. Ce dernier chapitre « écologique » était à mes yeux important. Mais il est vrai que son côté « positif », son côté « message », lorsque mon personnage, transformé en python, est porté la tribune du meeting écologique, n’était pas dans le ton du reste. Je souhaite donc que Gros Câlin demeure tel qu’il est apparu pour la première fois devant le public. Le chapitre « écologique » peut être publié séparément, si mon œuvre continue à intéresser.

 

Le livre parut. Je n’attendais rien. Tout ce que je voulais, c’était pouvoir parfois poser la main sur mon Gros Câlin. Les hommes ont besoin d’amitié.

Quant à la critique parisienne…

 

D’autres que moi ont parlé de la « terreur dans les lettres », des coteries et des cliques à claques, copinages, renvois d’ascenseur, dettes remboursées ou comptes réglés… Ce qui est en cause, en réalité, ce n’est pas la critique, c’est le parisianisme. Pas trace, en dehors de Paris, de cette pauvre petite volonté de puissance. Rêvons, ici encore, de décentralisation. Aux Etats-Unis, ce n’est pas New York, ce sont les critiques de toutes les grandes et petites villes, d’un bout à l’autre du pays, qui décident du sort d’un livre. En France, ce n’est même pas Paris : c’est le parisianisme.

Un jour, j’eus droit dans un quotidien à une page entière d’éloges : il s’agissait de mon roman Europa. Bon. Un an après, je publie Les Enchanteurs. Ereintement fielleux d’une page dans le même quotidien par le même « critique ». Bon. Quelques semaines ou mois plus tard, je rencontre cette personne à un dîner chez Mme Simone Gallimard. Elle paraît gênée.

-         Vous avez dû être surpris par ma sévérité pour Les Enchanteurs ?

-         Mmm.

-         Je vous avais fait un très bon papier pour Europa et vous ne m’avez pas remerciée

Joli, non ?

 

On comprendra qu’après de telles expériences et bien d’autres, je fusse pris d’un dégoût profond de publier. Mon rêve, que je n’ai jamais pu réaliser pour des raisons économiques, était d’écrire tout mon saoul et ne rien publier de mon vivant.

 

Je me trouvais chez moi à Cimarron lorsque Jean Seberg me téléphona pour me dire que Gros Câlin était si bien reçu par la critique que Le Nouvel Observateur désignait Raymond Queneau ou Aragon comme auteur probable du roman, car « ce ne pouvait être l’œuvre que d’un grand écrivain ». J’apprenais bientôt par les journaux qu’Emile Ajar était en réalité Hamil Raja, terroriste libanais. Qu’il était un médecin marron, avorteur, criminel de droit commun ou Michel Cournot lui-même. Que le livre était le produit d’un « collectif ». Je rencontrai une jeune femme qui avait eu une liaison avec Emile. C’était, disait-elle, un très gros baiseur. J’espère que je ne l’ai pas trop déçue.

Je dus m’adresser à Me Gisèle Halimi afin de changer le contrat d’Ajar avec le Mercure de France. Ce contrat, fait pour cinq ouvrages, et bien que signé par moi d’un nom fictif, me liait néanmoins pour cinq volumes en tant que Romain Gary. J’avais choisi Me Gisèle Halimi parce que son passé d’avocate, au moment de la guerre d’Algérie, donnait de la consistance au mythe Hamil Raja, terroriste libanais, qui était apparu je ne sais comment et me convenait parfaitement.

 

Mon nom ne fut prononcé pour la première fois qu’après La Vie devant soi, un an plus tard, avec l’entrée en scène de Paul Pavlowitch, son identification par Le Point et la découverte de notre parenté. […] »

Allez, il ne vous reste plus qu’à lire et vous procurer tout seul la dizaine de pages du même acabit, achevées par ce terrible « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci ». Le tout ne manque pas de noblesse, et on vous laisse analyser ce texte, sans commentaires (on a pris notre raclée en tant que critiques, ouf on est pas « parisianistes » !) de notre part. Le chef d’œuvre se suffit à lui-même.

Avec une seule conclusion : plus que jamais, trente ans après sa disparition, Romain Gary manque affreusement au monde littéraire. Et personne ne peut prétendre avoir pris sa place… Faut-il en être rassuré ou déçu, c’est une autre question…

Dossier du mois

A propos de l'auteur

Gracianne HASTOY Ecrivain Critique littéraire

8 commentaires pour “Romain Gary, vie et mort d’Emile Ajar”

  1. poupo a écrit

    Je fonce boulevard St Germain voir l’expo
    Le tout sera d’éviter d’y rencontrer Beigbeder et autres faisans

  2. ghastoy a écrit

    Cher Poupo, vous parlez là du Flore, parce que dans une expo, croiser Beigbeder, ah ah ah, j’en ris encore ! Z’êtes trop drôle !

  3. Christine a écrit

    Merci Gracianne pour ce dossier !
    Clair et « alléchant », cela donne envie d’en savoir plus !

    Je suis « malheureusement » étonnée de la médiocre continuité de ce « parisianisme »…. ou pire encore vu les épaves qui raflent Goncourt et autre gloriole …..

    Poupo : aïe pour les faisans ! c’est bon, et beau à la fois ! ce qui est loin d’être le cas des B.. H… et Cie…..

  4. ghastoy a écrit

    Merci Christine,
    C’est, hélas, effectivement, l’analyse qui ressort de ce texte : trente-trois ans après, rien n’a vraiment changé. Et en l’occurrence, ça ne fait pas plaisir ! Dans certains cas comme celui-là, on regrette la douloureuse modernité de Gary…

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