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Masochisme, quand tu nous tiens !
Que croyez-vous ? Que vous êtes anonymement planqué derrière votre écran d’ordinateur et qu’on ne vous voit pas ? Qu’on ignore tout ? Loupé ! Et la première information que nous en retirons, c’est que le dossier « Critica », vous vous en fichez comme de votre première layette ! En revanche, vous êtes nombreux à nous demander des billets d’humeur (au moins deux !), donc dans notre grande mansuétude, nous nous exécutons.
Au sommaire de ce dossier de Critic@
Que croyez-vous ? Que vous êtes anonymement planqué derrière votre écran d’ordinateur et qu’on ne vous voit pas ? Qu’on ignore tout ? Loupé ! Et la première information que nous en retirons, c’est que le dossier « Critica », vous vous en fichez comme de votre première layette ! En revanche, vous êtes nombreux à nous demander des billets d’humeur (au moins deux !), donc dans notre grande mansuétude, nous nous exécutons.
Ou plutôt c’est la Hastoy qui s’y colle ! Et si vous aimez, la Hastoy s’y collera avec plaisir (mais non, toute seule !) tous les mois. Avec un peu de chance, ce sera plus régulier que les « dossiers » que j’avais bien du mal à trouver le temps d’alimenter.
Voyons, voyons, de quoi pourrais-je vous parler pour cette première ? Un sujet qui me tiendrait à cœur et sur lequel j’aurais envie de piquer un coup de gueule… Ah, vous voulez que je vous parle de mon dada ? Non, pas de mon cheval… Mon dada dans la vie, ce sont les droits d’auteur ! Pas l’ombre de la moitié d’un ministre de la culture pour se pencher sur le sujet. Et pourtant… Comme personne ne comprend rien à « comment ça marche », je vais me transformer l’espace de ce billet, en Michel Chevalet de la culture.
Comment ça marche les droits d’auteur ? Première chose à savoir, c’est l’auteur du livre qui est le moins bien payé dans toute la chaîne du livre. L’éditeur touche un peu plus. L’imprimeur encore un peu plus. Le libraire encore encore un peu plus. Mais celui qui rafle la mise, c’est le distributeur/diffuseur. Si vous faites appel à un traducteur, il prendra le double de ce que reçoit l’auteur (c’est beau, non ?). Si vous faites appel à un nègre, il touchera le tiers de ce que palpera le signataire du bouquin. Whaou…
Je sens que vous avez du mal avec mon explication et que c’est encore trop complexe. Donc, nous allons transposer à un autre métier. Car écrivain c’est un métier ! Si on pouvait se mettre d’accord là-dessus déjà, une bonne fois pour toutes, on pourrait conclure qu’on a bien avancé. En dehors d’un quelconque don, l’écrivain doit être solidement formé, savoir construire une histoire, la rédiger sur 300 pages, ne pas ennuyer. Ce n’est pas donné au premier imbécile venu, quoi qu’en pensent certains. Donc, c’est un métier. Comme boucher, fleuriste ou chirurgien. Tiens, prenons le dernier exemple, chirurgien. On va faire comme si écrivain et chirurgien, c’était pareil. Ben quoi, l’écrivain sauve des vies aussi, en apportant du rêve et de la légèreté. Vous êtes priés de ne pas vous récrier… Merci d’avance.
Allons-y : notre chirurgien réalise une opération ce jour. Opération qui coûte 3.000 euros, nous allons dire. Sur ces 3.000 euros, il va en reverser 1.500 à l’ambulancier qui a amené son malade jusqu’à lui (= diffuseur). Il va reverser 750 euros au fournisseur d’instruments pour opérer (= libraire), et 350 à l’université qui l’a formé (= imprimeur). Restent 300 euros pour l’hôpital qui accepte de lui prêter ses locaux (= éditeur), et 50 euros pour lui. Toi yen a mieux comprendre comment ça yen à marcher maintenant ?
Si notre chirurgien veut survivre, il a plutôt intérêt à beaucoup opérer. Du coup, il fera certainement des erreurs et tuera un type ou deux au passage (= flop éditorial total, bouquin passé à la trappe). Du coup, il aura du mal à trouver un hôpital-éditeur qui veuille de lui, parce que sa réputation n’est pas bonne et qu’il existe des milliers d’autres chirurgiens beaucoup plus côtés que lui. Donc, le mieux, c’est quand même de prendre un type qui a une belle gueule mais qui ne sait pas opérer du tout, de lui coller un chirurgien qui opèrera à sa place (ghost-writer dit nègre), et notre beau type ira faire le beau dans les conférences de presse où il expliquera que la technique employée pour cette opération était très difficile et avant-gardiste, et que sans son incroyable talent, on n’y serait jamais arrivés. Vous n’imaginiez pas les choses ainsi ? Pourtant, c’est bien ainsi que ça se passe dans le milieu de l’écriture. Mais là où ça se complique, c’est que notre chirurgien-écrivain qui touche des cacahuètes comme modeste rétribution de son art, ben il en redemande, il s’acharne, et il continue. Donc le chirurgien est par essence un masochiste. Au besoin, il ira faire le mécano le week-end (une mécanique corporelle ou de voiture, ça fonctionne pareil, non ?) pour trouver un moyen de subsistance parallèle. Bien entendu, j’oubliais, mais quand le chirurgien opérera et placera une prothèse, ses patients se la refileront entre eux parce qu’ils n’ont pas tous les moyens de s’en acheter une neuve. Il y aura même des locaux de prêt de prothèses, subventionnés par l’Etat (bibliothèques) où tout le monde trouvera son compte, sauf le chirurgien-écrivain. Ca vous paraît aberrant ? Et pourtant, je ne fais que vous décrire là le quotidien d’un…écrivain. Heureusement pas celui d’un chirurgien !
Finalement, je sens que ça va me plaire de brailler de temps à autre…








Wouah ! Remarquable, cette chronique !
Very true! Makes a cnghae to see someone spell it out like that.
Poupo, je vous ai déjà dit que je vous adorais ? Hihihi, vil flatteur, va !
Bravo pour la reprise des « coups de gueules » !!!
J’en redemande !!!!!
Et puis merci pour cette édifiante explication « de texte »… quel milieu.. ! poua…
Quel mérite de continuer à écrire… !!!!
I’m not easily ipmersesd. . . but that’s impressing me!
Des masochistes, vous dis-je ! Merci pour les encouragements, Christine
Bon, maintennant je ne pourrais plus dire que j’ai pas compris !! Merci…
En même temps, j’ai plus d’excuses pour le coup !! flûte !!!
Ca alors ! Zorrore herself qui laisse un message ici ? MAIS IL VA NEIGER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Oui ! encore !! Perso je suis une grande fan du billet d’humeur en général, mais franchement là, de celui-ci en particulier !!!
« Opération réussie » !!!
Merci Sirangel ! C’était une opération… à coeur ouvert
« Que croyez-vous ? Que vous êtes anonymement planqué derrière votre écran d’ordinateur et qu’on ne vous voit pas ? »
Il faut que vous m´expliquiez qui est-ce qui est en traîn de voir ou de regarder et pour quelle raison, dans quel but. J´aimerais en parler avec vous de vive voix, corps à corps, sans la distance, plus sensuellement, mademoiselle Hastoy.
Il manque 50 € au compte et cela fait 50 % diffuseur
; 25 % libraire; 12 % imprimeur; 10 % éditeur; 3 % écrivain. Je ne connaissais pas ces chiffres; je croyais que l´écrivain arrivait à toucher 10 ou même 15 %; il y a de quoi crever de faim, à moins d´être un super-ventes (J´allais écrire best-seller; mais il faut éviter les angicismes si nous voulons défendre nos langues de l´ennuyant anglois).
Moi aussi j’adore les billets d’humeur, surtout celui là !!! alors ENCORE ENCORE!!! enfin pas trop quand même ill ne faut pas que ça vous retarde trop dans l’écriture de LA SUITE tant attendue de « une vie plus loin »
Trêve de plaisanterie, c’est très interessant, c’est vraiment un sacerdoce d’être auteur!! Merci
Un corps à corps, Sopadeajo ? Rahhhhhhhhhhhh, pourquoi est-ce que vous me faites rire ? Cela va nuire sérieusement à la bonne tenue de ma réponse. Pour le reste, vous avez en partie raison. J’ai ici schématisé pour le bienfait de l’explication, mais il y a plusieurs droits suivant les pays où l’on signe… J’entends même que certains éditeurs français donnent 2.5% à leurs auteurs ! LES FOUS !
Carine, oui un vrai sacerdoce, ce qui va m’obliger à repousser la proposition de corps à corps de Sopadeajo, argh
LOL
Encore une précision, Sopadeajo : à ma connaissance, le seul auteur en France à toucher 15% d’emblée est Jean d’Ormesson. Je ne suis pas formelle, attention, mais des infos dont je dispose, il serait le seul. J’accepte évidemment d’être contredite par toute personne qui disposerait d’une information un peu plus pointue.
Le sacerdoce littéraire (lit-et-raire: cama-y-raro en castillan) n´empêche en rien le corps à corps que ce soit à l´endroit indiqué sous entendu ou un autre quelconque..
Comme de plus écrire c´est se compromettre avec son temps at avec son espace (je ne parle pas de politique ni même de sociologie, mais on vit son temps et ses lieux qu´on le veuille ou non ,ni d´écrivains engagés ou pas) nous pouvons sans risque revendiquer la non incompatibilité du sacerdoce de l´écrivant d´avec ma proposition de corps à corps malhonnête pour 0 dollars mais avec échanges d´amitiés et d´effluves d´écriture..