Le bouquin indispensable pour ne plus se faire avoir !

17 février 2011 4 commentaires ghastoy
Le bouquin indispensable pour ne plus se faire avoir !
Titre : Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir
Auteur : J. Heska
Éditeur : Transit Editeur
Prix : 14.95 euros - 215 pages Note Critic@

Le problème, quand vous connaissez un auteur, c’est de « passer son livre à la moulinette critiquesque » ! Et si jamais le bouquin était mauvais ? Oserez-vous le lui dire ? Mettrez-vous un sobre 12/20 histoire de ne pas vous fâcher avec lui mais de ne pas le surnoter non plus ? C’est un peu dans cet état d’esprit que j’ai lu ce tout premier roman de J. Heska, avec lequel je partage une solidarité d’auteurs français publiés au Québec dans la même boutique ou presque…

Quand j’ai eu le bouquin dans les mains, j’ai tremblé : ok, la couverture bleu ciel le fait se détacher de la masse des autres nouveautés, mais franchement ces dessins, c’est un bouquin pour mioches ou quoi ? Et puis la couverture n’est pas pelliculée, alors ça froisse, ça se salit d’un coup de doigt, ça se déforme… Aïe… Et ce titre ? Il ne ressort pas très bien… Aïe aïe aïe…

Mais dès l’entame de la lecture, tout a changé. Au début le sourire poli de celle qui feuillette les premières pages en sirotant son café. Puis les pages qui se tournent de plus en plus vite. Puis les « chuuttttt » quand on ose vous parler à côté. Puis carrément les éclats de rire devant certaines situations cocasses et pourtant tellement éprouvées déjà.

« Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir » est génial. Voilà, c’est dit ! Pour un premier roman, je suis effarée de l’humour de l’auteur, de l’épaisseur du personnage principal (le anti-héros par excellence, dépressif comme on aime, humain quoi !), de la justesse des situations exposées, du fond sérieux sans jamais être sentencieux, une vraie leçon d’humanité noyée dans pas mal de fou rires.

Je ne reviendrai pas sur l’absurdité des éditeurs français qui ne sont pas capables de repérer un talent pareil, de leur frilosité au moment de publier des textes amusants et intelligents. La fausse intelligence française qui confine souvent à la lâcheté (c’est la même chose pour le cinéma) et cette petite moue méprisante devant les textes « populaires », ça devient vite lassant.

Parce que nous sommes tous des « Jérôme » : pas populaires, invisibles pour notre entourage, insipides pour nos collègues, insignifiants pour nos conjoints. Ou du moins, nous avons tous, à un moment ou un autre, ressenti cet étrange et frustrant sentiment. Et si vous êtes dans ce cas-là, rassurez-vous : J. Heska vient vous souffler un grand vent d’optimisme dans les bronches.  Vous êtes ainsi parce que vous êtes des gentils ! Voilà tout… Et dans le livre, apprenez la technique de Jérôme ou comment redresser le cap quand on est trop gentil et faire la nique aux méchants (pour les reconnaître, reportez-vous au bouquin, ils y sont clairement répertoriés et identifiés).

Par exemple, à quoi reconnaît-on un méchant ?

« 1 – Quelqu’un qui parle plus qu’il n’écoute.

2 – Quelqu’un qui se laisse trop dominer par ses sentiments dans ses relations aux autres (mauvaise humeur, paresse, etc.)

3 – Quelqu’un qui rit aux dépends des autres et non pas avec eux.

4 – Quelqu’un qui refuse d’assumer ses responsabilités.

5 – Quelqu’un qui n’entend que ce qu’il veut entendre.

6 – Quelqu’un qui est persuadé de détenir la vérité.

7 – Quelqu’un qui ne se met jamais à la place de l’autre. »

Avouez que c’est utile. Et encore, sorti de son contexte, là, ça fait un peu guindé. Alors que l’ensemble du bouquin est une merveille de détente. Ca se lit d’une traite, et vous pesterez chaque fois que quelqu’un interrompra votre lecture (on parie ?) Des sentences sur la vie commencent chaque chapitre, du genre « La vie, c’est comme des sables mouvants. On lutte pour s’en sortir, mais tout ce qu’on fait, c’est s’enfoncer un peu plus. » On aime aussi la forme, genre journal intime avec des horaires improbables : « Ces événements se situent entre 19h30 et 19h35 » à chaque entrée. Allez, allez comme il faut un bémol, un seul, rappelons à J. Heska qu’on « ramène » quelqu’un et qu’on « rapporte » un objet. Jamais qu’on ramène un objet (page 77)… Mais ça, c’est juste parce qu’on a une réputation à tenir chez Critica, on est des vrais méchants, et à trop lire Heska, on a compris qu’il ne fait pas bon être trop gentil dans ce bas-monde… Quoique, un livre pareil, ça vous donne des envies d’être meilleur.

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A propos de l'auteur

Gracianne HASTOY Ecrivain Critique littéraire

4 commentaires pour “Le bouquin indispensable pour ne plus se faire avoir !”

  1. sopadeajo a écrit

    Mademoiselle Hastoy;

    Je vous ai démontré, de mon long silence, que je n´appartiens point à la catégorie 1 des méchants; je comprends bien, aussi, que vous vous sentiez fort rassurée que votre méchanceté, d´avec ceux qui s´énamourent de vous et que vous n´ aidez point, ne soit en aucun cas cataloguée par l´auteur dont vous pouvez en rire, donc vous pouvez en rire. (1)

    (1): la répétition est certainement volontaire et antilittéraire.

  2. poupo a écrit

    Ca ressemble à Bridget Jones en masculin, non ?
    Si je te trouve, je le prends !

  3. sopadeajo a écrit

    Correction:
    (1): la répétition est certainement volontaire et antilittérairement voulue.

  4. Christine a écrit

    Je sens que je vais encore craquer !!!
    Et puis ce Monsieur Heska, ça donne encore plus envie de le soutenir… ;-)