Desproges serait fier de lui
Auteur : Gordon Zola
Éditeur : Le Léopard masqué
Prix : 15 euros - 318 pages Note Critic@
Chic, voilà le dernier opus de Gordon Zola ! Déjà que j’avais fait très fort dans le dithyrambe en mai 2010, lors de la parution de son « Qui veut la peau de Marc Lévy ? » en lui attribuant la note très anormale de 19/20 (cela dit, ça peut s’arranger si vous avez écrit un nanar à encenser, mais je n’accepte que des euros en petites coupures dont les numéros ne se suivent pas). Il va donc falloir que je fouille dans mon dictionnaire de panégyrie pour être à la hauteur de ces « Parasites artificiels » (rien que le titre…), suite des aventures du commissaire Guillaume Suitaume (rien que le nom…) de son assistante Purdey Prune, ses adjoints Titelive et Rominey et de son chef Hercule Commenvetu (rien que l’évocation…). Le tout installé quai des Orfèvres, dit « le Jardin des Teignes ».
Le terrain est tracé. C’est le triomphe du jeu de mot vasouillard, de l’à peu près, du bidonnage de cour de récré, l’enfonçage du mur du con. Mon Dieu que c’est bon, que c’est jouissif, que ça détripouille joliment les boyaux ! C’est bien meilleur que San Antonio, qui visait l’usager du métro, le dessous de la ceinture et le rire gras. Il y a du Pierre Dac, de l’Albert Simonin (à ne pas confondre avec Simenon), du Queneau le satrape dans le Zola, pour le tripatouillage de la langue, le détricotage du mot, l’absurderie de la formule, l’entourloupe syntaxique, le calembour et ratatam. C’est quelquefois pitoyable, souvent brillant, presque toujours jubilatoire. Des exemples ? En avant pour le quadrille ! « Sa première victime s’appelait Malto Cortez. » Sur une pute : « Proie du vice, victime des appâts rances, pauvre fleur perdue dans un univers bitumé. Une ambiance de bites humées. » « Pas envie de côtoyer Werber, la fourmi laborieuse, l’Angot sans génie, l’âne à Gavalda, le Lévy sans Strauss, le Musso vinaigrette, Beigbeder, le dandy de la farce… pour usurpation d’identité talentueuse ou pour identité tueuse de talent. » « Mallarmé, je suis le Mallarmé, chantonna l’agent poète sur un Air que n’aurait pas renié Claude François. » « Bière qui coule amasse mahousse. » « Je fais mettre les gares et aéroports en vagin spirite… heu… en vigie pirate ! » Des comme ça, il y en a trois par pages, alors autant vous laisser sur votre faim.
Enfantin ? Bêta ? Cucu-praline ? Almanachvermotin ? Peut-être, mais moi, j’adore ! Que voulez-vous, je sors d’une dizaine de bouquins genreux et abscons (comme la lune, rajouterait Zola), où je me suis emmerdaillé grave, alors un livre qui me libère les zygomatiques, tout en me racontant une histoire comme dans les vrais polars, j’ai envie de le faire rembourser par la Sécurité sociale ou de le recommander en suppositoire, à haute dose.
Pour le florilège complet, on est prié de s’adresser à son libraire qui se fera un devoir d’échanger l’ouvrage contre la somme ridicule de 15 euros, un vieux billet de 100 francs. Comme quoi c’est pas parce qu’on paye cher un bouquin qu’on en a pour son argent. Il y a fort longtemps, quand j’avais encore des culottes courtes, admirez ma précocité, j’avais repéré dans « L’Aurore », quotidien aujourd’hui disparu, une suite de billets iconoclastes signés d’un jeune inconnu nommé Pierre Desproges et lui avais prédit depuis mon Aventin enfantin un avenir étoilé. Je ne m’étais pas trompé ; oui, je sais, la modestie ne m’a jamais étouffé. Je pense à lui quand je lis du Gordon Zola, à qui je souhaite le même destin, moins le crabe. Si vous hésitez encore…








Wouaouhh ! Je file l’acheter, s’il est aussi drôle !
Si deproges et jean sont foers alors je vais l’acheter
Ah l’écriture de Gordon Zola, c’est quelque chose ! Tu ne devrais pas regretter ! Bonnes vacances…
Si ce n´est Desproges, ce seraient des proches de Desproges, qui en seraient fiers; mais à coup sûr Desproges ou bien ses proches ne le laisseraient pas tomber.
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