Bien de la peine à PhnomPenh

Bien de la peine à PhnomPenh

21 février 2012 2 commentaires Jean Chalvidant

Dans le cadre de l’opération « tiens, un héros exotique de plus ! », voici Vincent Calvino, un ancien avocat new-yorkais, devenu détective privé –naturellement désabusé- à Bangkok, comme quoi rien n’est inéluctable sur cette terre. Bangkok ? S’agirait-y pas comme annoncé de Phnom Penh, plutôt ? Eh ben non, car l’enquête démarre dans la capitale siamoise, où un farang, un Canadien de 200 kilos vendeur de bijoux nommé Stuart Leblanc vient d’être occis, à l’aide de cyanure fourré dans son brownie. Ce qui est plus vicieux qu’un coup de machette. Pourquoi ? Tels Dupont et Dupond, Calvino va mener l’enquête, suivi comme son ombre par le colonel de police Pratt (sans parenté avec Hugo, ni avec le Noilly) Chongwatana, qu’il a connu lorsqu’il étudiait à la Grande Pomme.

Un coup d’avion et plongée dans Phnom Penh (capitale du Cambodge pour ceusses qui ont fait football en première langue), où notre Calvino entend comprendre le pourquoi du comment du trucidage de Stuart. Pas vraiment le bienvenu, le Sam Spade local, avec son joli costume et sa cravate, au milieu d’aventuriers en tee-shirts, la barbe de trois mois et les dents couleur cachou Lajaunie. Naturellement, Stuart n’était pas ce qu’il prétendait être, un bon gros amateur de chairs et de bières fraiches, mais un trafiquant de bijoux, doublé tant qu’à faire d’un marchand d’armes. D’où la présence d’agents des services secrets canadiens dans les pattes des deux compères. On aura au moins appris grâce à ce livre qu’ils existaient.

Inutile de préciser qu’on nage dans un univers post Apocalypse Now, ou plutôt post Pol potien : on patauge dans le glauque des rades à remugles de bourbon et de pisse froide, de putes passe-partout, vérolées jusqu’à la glotte et caquetantes comme de vieilles poules, de mercenaires quémandant un contrat, de débris se faisant un fix en s’inventant un passé, à défaut de se construire un avenir, de poivrots abrutis de bière tiède. On s’y croit, dans ces relents de moisi, de pisse froide et de soupes chaudes, et ce bruit constant de mobylettes mal réglées. Ici, la remarque fait mouche : « Les rues avaient l’apparence et l’odeur d’une chiotte après le passage d’une bande de hooligans. » Si l’on ajoute le vacarme des tirs d’AK-47, le plus souvent en l’air, pour faire cesser la pluie, et de temps à autres vers une cible prise au hasard, pour chasser l’ennui, on a une idée assez juste de la « ville aux quatre visages ». Édifiant.

Sur le livre en soi, dommage que la mise en page ne soit pas vraiment sexy, que le traducteur ait laissé passer trop de répétitions de termes ou d’expressions et que l’intrigue mette autant de temps à démarrer. Comparé à la torpille Gérard de Villiers, Moore, c’est un conducteur de tortillard ; il aime vraiment trop s’écouter écrire, d’où un côté verbeux assez superfétatoire. Voire un peu chiant. Un livre d’action, ça doit actionner. À part ça, pour briller dans les salons, sachez que Christopher Moore est Canadien, qu’il a abandonné le journalisme pour se vouer à l’écriture, qu’il en est déjà à son 17e ouvrage, qu’il vit à Phnom Penh (étonnant, non ?) et qu’il n’est guère surprenant que vous ne le connaissiez point (joli, ça, comme quoi je peux faire dans le précieux ridicule !) puisque ce « Zéro heure à Phnom Penh » est son premier bouquin traduit en français. De là à se ruer sur les linéaires pour l’acquérir, il y a de la marge, mais si Tata Yoyo veut vous offrir un bouquin relax pour votre anniversaire, ou pour préparer votre prochain voyage en Asie, autant choisir celui-là, il existe des polars bien pires. Des meilleurs aussi.

A la Une, Bof, Polar
Après la voisine, voici la baby-sitter flippante…

Après la voisine, voici la baby-sitter flippante…

21 février 2012 7 commentaires ghastoy

En découvrant la 4ème de couv de ce livre, j’ai eu à la fois un soupir d’exaspération (encoreeeee un sujet sur les méchantes baby-sitter !) mais aussi, je dois l’avouer, un frisson de plaisir à la perspective de plonger dans cette histoire. D’autant que la couverture est franchement alléchante. J’y allais donc avec plaisir mais sans m’attendre à la moindre surprise. Et de fait, les premières pages ou premiers chapitres ont été conformes à mon absence d’attente. Une baby-sitter apparemment parfaite mais dont on apprend peu à peu que Tonton Harry, ou plutôt Harry le super copain de papa la tripotait (et plus, malgré le manque d’affinités) quand elle était petiote d’où un paquet de névroses assez incroyable, une mère de famille absolument débordée et coupable d’avoir repris le travail comme seules les femmes peuvent l’être face à la maternité, un père qui a déjà trompé sa femme pendant la grossesse du second et qui, ma foi, semble à deux doigts de recommencer, et des enfants carrément troublés par tout cela, dont l’un refuse de se nourrir autrement qu’avec des biberons, tandis que l’autre hurle consciencieusement toutes les nuits. Un bon scénar’ de film pour M6. Pas de quoi fouetter un gros matou.

Le livre, s’il se laisse dévorer rapidement, est pourtant truffé de lourdeurs, de lenteurs, de réflexions très « bobos » sur la vie de couple, la culpabilité des mères, le véritable sens de l’existence, bla bla bla. Ce couple en perdition passe tellement de temps à se chercher, à s’engueuler, que la nounou trouve la brèche et s’y engouffre, profitant de leur absence pour tisser avec les enfants des liens que les parents ont oublié de conserver. Le père, Christian, est de la race des lâches, un peu arrogant, et au final sans grande profondeur. Il ne m’a pas séduite un seul instant. La mère, Ruth, se débat dans sa vie de femme avec beaucoup de « prises de tête » inutiles. Là encore, je n’ai pas développé la moindre once de solidarité féminine. La nounou, Aggie, ou Agatha, est la caricature de la nounou flippante, trop parfaite pour être honnête, une authentique maniaco-dépressive, je pèse mes mots. La fin est « presque » sans surprise, sous forme d’un « happy end » désabusé après quelques frayeurs auxquelles seules les mères-à-qui-on-vole-la-chair-de-leur-chair auront été sensibles. Analyse banale et mille fois vue et revue.

Cependant, et au risque de me répéter, je ne me suis pas ennuyée à la lecture. Un bouquin passe-partout, pas destiné aux grandes dévoreuses d’œuvres romanesques, et qui ne marquera pas l’histoire de la littérature. Et, comme une sempiternelle et désolante habitude, une bonne dizaine de coquilles ayant résisté aux relectures assidues et répétées… Bref, pas de quoi casser trois pattes à un canard ! Lectrices France-Loisir, « mamans bobos » et autres adeptes de la littérature à la façon Katherine Pancol, foncez ! Les autres, qui considèrent qu’on n’a pas fait mieux depuis les sœurs Brontë en matière de littérature féminine, pas la peine d’user 17.50 euros pour si peu.

A la Une, Bof, Romans
La civilisation du journal

La civilisation du journal

21 février 2012 0 commentaire Dominique Padovani

Si le phénomène du journal vous passionne, cassez votre tirelire et ruez-vous sur ce gros (très gros) bouquin dans lequel est observé son histoire, du Journal des débats (créé le 26 février 1802, jour de naissance de Totor) jusqu’à nos jours. Les auteurs ont l’ambition réussie de mesurer les effets du journal sur la marche de la société et sur la configuration des esprits. Trois équipes de chercheurs se sont associées pour offrir cette somme, avec autour d’elles une soixantaine d’auteurs venus de la littérature, de l’histoire politique, culturelle et sociale. Du lourd. Pour étudiants, universitaires, journalistes et curieux, lettrés. Une référence incontournable.

A la Une, Brèves
L’abandon

L’abandon

21 février 2012 0 commentaire Dominique Padovani

Caroline, une ado de treize ans vit avec son père, dans une réserve naturelle de l’Oregon, en évitant tout contact avec d’autres personnes. Ils sont cachés et heureux, heureux parce que cachés. Mais un jour, le paternel baisse la garde, et les ennuis commencent, sous la forme de flics suspicieux, accompagnés de chiens policiers. Naturellement, il y a un secret derrière cette fuite de la réalité : on n’échappe pas à son histoire, même en se terrant pendant des années. James Ellroy conclue du roman qu’il est « chargé d’électricité. C’est un conte à la fois poignant et tendre, sur la perte et la rédemption. Surréel, obsédant, élégiaque. On ne saurait dire mieux.

A la Une, Brèves
Culture, état d’urgence

Culture, état d’urgence

21 février 2012 0 commentaire Dominique Padovani

Dans la famille PDA, je demande le frère, celui qui évite les copiés-collés. En l’occurrence Olivier, diplomate et aujourd’hui directeur de France Culture. Et c’est ici de culture dont il est question, la grande oubliée des candidats à la présidentielle. OPA rappelle fort justement que dans les années trente, en pleine dépression, Roosevelt avait inventé le « New Deal », en développant entre autres un ambitieux programme de soutien aux créateurs, commandé des dizaines de milliers d’œuvres pour les lieux publics et financé des sembles musicaux et théâtraux. S’assurant ainsi une domination culturelle dont le Vieux Monde fait toujours les frais. C’est de cet exemple que veut s’inspirer l’auteur pour que la culture revienne au cœur des projets politiques. Un état des lieux, en même temps qu’un programme. Réveillez-vous, les politiques !

A la Une, Brèves

Cosmographie

21 février 2012 0 commentaire

Attention : livre intelligent ! Biancarelli, auteur corse, a recueilli l’essentiel de ses chroniques littéraires parus dans la presse insulaire.

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Histoire de la télévision française

21 février 2012 0 commentaire

Vaste programme que celui de raconter 75 ans de télévision. C’est l’ambition des auteurs que de retracer l’historique de la télé française, en même temps que ses rapports, toujours tendus, avec le pouvoir politique.

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Histoire secrète du XXe siècle

21 février 2012 0 commentaire

À quoi servent donc les espions ? À informer nos dirigeants, pour qu’en toute connaissance de cause, ils prennent les bonnes décisions.

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Cette femme qui dit être ma mère

8 février 2012 0 commentaire

Sous-titre : « L’héritage familial en question ». Deuxième livre de la Néerlandaise Judith Uyterlinde, et retour sur la Seconde Guerre mondiale, sur fond d’adoption et de secrets de famille enfin révélés.

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Le mystère de la chambre 51

8 février 2012 0 commentaire

Ce titre vous rappelle une enquête à la Sherlock Holmes ? Normal ! Hormis qu’ici, en guise de Sherlock, c’est la jeune Emma qui s’y colle, 12 ans.

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